Des nouvelles des abeilles par Camille D.
Chers Parrains,
J'espère que vous allez bien !
Le début de saison a été catastrophique. Le pire depuis les 11 ans que j'ai commencé l'apiculture.
La fin d'hiver a été très douce et ensoleillée en Drôme et les colonies se sont parfaitement bien développées jusqu'à devenir bien populeuses.
Mais le froid, puis la pluie, puis le vent se sont installés d'un coup avec d'abord un vent du nord polaire vers la mi avril, confinant les abeilles dans les ruches durant trois semaines.
Les colonies ayant alors beaucoup de bouches à nourrir, elles ont consommé rapidement leurs réserves et se sont retrouvées au bord de la famine.
J'ai donc du nourrir afin que les abeilles ne meurent pas de faim et ce pour la deuxième fois de ma vie en saison (mes abeilles ne consomment que leur propre miel sauf quand elles risquent de mourir de faim).
Tout cela s'est passé pendant la miellée d'acacia.
La production est donc nulle malgré que le travail de préparation des colonies, des ruchers et du matériel ait été aussi pénible et prenant que si j'avais fait du miel.
Mais c'est là la vie d'un agriculteur, il faut l'accepter, ne pas s’appesantir et repartir de l'avant.
Afin de mieux percevoir ce que je fais, je me suis rendu compte qu'il serait peut être judicieux de présenter la façon dont je suis venu à l'apiculture ainsi que ma démarche :
J’ai constitué l’ensemble de mon cheptel par la cueillette d’essaims d’abeille dans la nature, ou chez des particuliers, dans des arbres avec les pompiers, dans des écoles… bref partout où des essaims posés ou installés dérangeaient et risquaient la destruction.
J’ai commencé cette activité en 2013 en fabriquant mes premières ruches avec des planches offertes par mon voisin qui s’en débarrassait car il savait que j’avais un poêle à bois.
J’avais envie, par curiosité, de m’occuper d’abeilles et de mieux les comprendre.
J’avais aussi envie de m’investir dans une activité qui avait du sens pour moi.
Passionné et autodidacte, j’ai appris grâce aux livres et principalement en ouvrant mes propres ruches énormément au début. Je me suis aussi formé auprès d’amis apiculteurs professionnels pour les gestes spécifiques ou techniques.
Enfin, je me suis spécialisé dans le sanitaire, les maladies des abeilles et les soins apportés aux colonies en 2018 en devenant technicien sanitaire apicole.
J’ai ainsi développé un cheptel constitué uniquement d’essaims sauvages issus de la cueillette en passant tout en douceur de 4 essaims cueillis en 2013 à 24 colonies en 2014, puis à 60 en 2015, puis à 100, 120, puis 160 colonies d’abeilles en 2018 et 200 aujourd’hui.
Ayant commencé l’apiculture dans l’Hérault, j’ai une dominance d’abeilles noires dans mon cheptel car c’est une abeille très présente là-bas.
J’élève mes reines et je sélectionne mes abeilles sur des critères de rusticité. Je veux des colonies qui sont le plus proches possible de leurs caractéristiques naturelles, qui ont le moins possible besoin de la main de l’homme pour survivre. Des abeilles résistantes aux maladies, soucieuses de conserver constamment d’importantes réserves de nourriture, ayant une bonne puissance de vol pour butiner par grand vent et échapper aux frelons asiatiques… La raison est d’abord philosophique, je ne suis que de passage dans l’évolution des abeilles qui se fait depuis des millions d’années. Il serait je trouve déloyal de les rendre ultra productives et donc souvent moins résistantes, moins adaptables et adaptées pour mon propre intérêt.
Grâce à cette pratique, leurs chances de survie quand elles retournent à l’état sauvage en est augmentée.
C’est le cas chaque année, d’entre 20 et 40 essaims de mon cheptel qui repartent de mes colonies s’installer dans un mur, un trou d’arbre…. Vu que mes colonies sont issues de la cueillette d’essaims sauvages, c’est un peu un prêté pour un rendu. Enfin, d’un point de vue pratique, cette façon de travailler avec les abeilles génère moins de stress et de labeur.
Elle est cependant moins productive en terme de volume de miel produit et donc de rémunération.
Je suis très content de faire partie de ce partenariat au travers de ce parrainage.
Cela me permet d’avoir la certitude que les coûts de la colonie parrainée sont couverts, que le miel qu’elle produira sera d’une certaine façon vendu au parrain (comme sur le principe de l’amap). Ça me permet ainsi de gagner en tranquillité et surtout de dégager plus de temps au rucher à m’occuper des abeilles.
Et puis ça fait plaisir de se sentir soutenu dans un projet positif pour la nature, la biodiversité et l’environnement.
Pour information, le 20 mai c’est la journée mondiale des abeilles, journée décrétée par les nations unies pour attirer l’attention de tous sur le rôle clé que jouent les pollinisateurs, sur les menaces auxquelles ils sont confrontés et sur leur importante contribution au développement durable.
Encore merci pour votre soutien !
Cordialement,
Camille Dubray
Apiculteur à Mirmande
ps : la photo est un piège à frelon asiatique que j'ai fabriqué avec un bidon récupérer à la piscine à côté de chez moi.
